Je souhaite à tout le monde de connaître au moins une fois la joie, le bonheur et la magie de planter des légumes ou des fruits, puis de les récolter et de les manger. Oui ça sonne peut-être basique et niais, mais ça procure une sensation unique et incomparable, et dont on ne peut se lasser.
On comble ainsi une brique indispensable, celle du besoin de se nourrir en harmonie avec la nature, de puiser dans la terre ce qu'elle nous offre si on la traite correctement.
Pourquoi j'écris ça maintenant ? Eh bien, il y a quelques minutes, j'ai été dans mon jardin pour arroser quelques plantes... et elle était là : cette grappe de mûres qui pendait dans ce massif de ronces que je dois tailler depuis bien trop longtemps. J'en prélève quelques unes à la volée, que je rince avant de les engloutir.
L'action est simple : je me penche, je ramasse, et je mange. Mais réfléchissez-y un instant : n'est-ce pas... magique ? Beau ? On se penche et on a à manger. C'est un glitch. Cela semble, de prime abord pour le parisien originel et basique que je suis, presque illégal. Je n'ai même pas planté ce massif, il s'est installé tout seul comme un grand, et m'offre ses fruits comme s'il me devait un loyer. La menthe sauvage fait de même, d'ailleurs, dans cette colocation saugrenue.
Puis c'est là que tout remonte : les petites graines de cresson à faire pousser sur du coton et de l'eau, contenues dans un sachet offert avec mon "Babar magazine" de quand j'étais tout petit avant de finir par consommer les pousses sur du pain et du beurre. La fascination quand j'avais enterré une pomme de terre dans un bac de balcon et qu'elle m'avait offert plein d'autres patates derrière, que ma mère avait alors cuisinées, revenues à la poêle. Mon arrivée dans les Landes où, comme tout expat' parisien qui se respecte, j'ai démarré un mini potager simple et facile de salades, avant de m'apercevoir rapidement comme tout bon débutant qu'elles appartenaient autant à moi qu'aux animaux, limaces et escargots.
Et finir par, tout de même, nourrir en partie ma famille avec.
Oui... il y a quelque-chose de magique dont on ne peut se lasser.
Et qu'on nous a volé.
Qu'on nous a forcé à négliger, poussé à oublier, et que tout ceci était tout simplement possible.
Il est peut-être temps de se rebeller.